Il était une fois, des maraîchers bretons qui cultivaient des tomates à la belle saison. Elles étaient belles, rouges et sucrées, grâce au soleil et au bon air iodé.

une tomate on a dit
une tomate on a dit

Mais la Bretagne n’est pas (à tort) connue pour la chaleur de son arrière saison et c’est ainsi que quand le mois d’octobre fut venu, les tomates devinrent paresseuses, refusant de rougir malgré tous les efforts (bio) des maraîchers. (je vous passe les détails, j’essaie de rester dans le ton du conte de fée)

Haha, se dit le maraîcher, mesdemoiselles les tomates, il est temps de laisser la place à mes plants de poireaux.

Cela lui fend le coeur de voir ces tomates encore vertes, si prometteuses, arrachées et jetées vulgairement dans le compost comme des patates pourries.

C’est vrai que c’est bien de faire du compost, ça enrichira le sol pour les prochaines plantations, loin de nous l’idée de dénigrer ce beau co-produit de l’agriculture. Mais tout de même, ces belles tomates…

Le maraîcher était bien triste, jusqu’à ce qu’il se souvienne qu’un atelier de transformation pour les légumes bio existait depuis peu pas très loin de chez lui. Allons, se dit-il appelons ces Babelicot, peut-être auront-ils une idée pour sublimer ces tomates frileuses !

Aussitôt dit, aussitôt fait (enfin, techniquement, c’est un de ses collègues qui a appelé, mais ne chipotons pas), et nous voilà à réfléchir… que faire avec des tomates vertes ?

Pas des variétés vertes de tomates, soit disant anciennes, non, ici on parle bien de tomates non encore mûres mais pleines de promesses.

voila, des belles tomates pas mûres
Voila, des belles tomates pas mûres !
c'est joli mais c'est pas ça
C’est joli mais c’est pas ça

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr (oui?), on pense tout de suite à une bonne confiture de tomates vertes ! Mais l’atelier n’est pas bien équipé pour les confitures. Notre marmite à bain marie ne chauffe pas assez fort pour que le sucre devienne sirop, et la sauteuse est un peu petite… Il faudrait un chaudron en cuivre mais ce n’est pas possible dans l’immédiat. Bref, il faut trouver autre chose.

non, on a dit
Non, on a dit.

Heureusement, nous sommes bien entourés. Dans nos amis, quelques (!!) gourmands et gourmets, curieux de cuisine et de livres, amateurs de nouvelles saveurs. Et donc, nous discutons de ce dilemme avec l’un d’eux, et tout de suite, eurêka, faites donc un chutney de tomates vertes ! En plus, j’ai un livre (euphémisme) de cuisine indienne avec une super recette déjà testée et validée.

LA recette !
LA recette !

Nous rappelons donc le maraîcher, prenons quelques kilos de tomates pour tester la recette. Evidemment, elle est parfaite. Pleine d’épices différentes, de saveurs délicates, mais corsée. C’est un condiment parfait pour accompagner des plats de légumes, de riz, et même à tartiner pour les plus audacieux…On adore.

Pris d’une intuition, nous commençons à parler de cela avec d’autres des maraîchers avec qui nous travaillons, et banco, tout le monde a le même problème en fin de saison : des centaines de kilos de tomates vertes jetées partout chaque année.

Donc si on résume, voici une recette délicieuse, réalisée avec des produits parfaits mais qui seraient jetés, et que nous pouvons refaire tous les ans sans craindre d’aléa climatique. Quelqu’un a dit recette idéale ?

Nous vous présentons donc le chtuney de tomates vertes de Babelicot, la recette à laquelle nous n’avions pas pensé et qui pourtant représente tout ce que nous aimons.

chutney
De toute beauté
contente
Effets secondaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hum, après cette légère envolée lyrique, remettons les pieds sur terre.

Que faire avec un chutney de tomates vertes ?

Et bien c’est un condiment, alors pensez confit d’oignon, moutarde… Il relève les plats, réhausse les saveurs…

d’un fromage à pâte dure, comme une tomme de brebis, une mimolette

d’une viande grillée

d’un paté végétal ou d’une tartine de tofu fumé

d’une assiette de riz

et puis tout ce que vous voulez, de toute façon c’est addictif, après on en met partout.

Allez, on est sympa on vous donne la recette qui nous a inspiré : (oui, inspiré, rien que ça ; sérieusement, il a fallu bosser un peu pour adapter les quantités à 100kg de tomates!)

Tamatar Chatni

0,5 kg de tomates vertes coupées en rondelles

1 oignon émincé

75g de raisins secs

1 gousse d’ail écrasée

200 mL de vinaigre de vin blanc ou de cidre

175 g de sucre roux

1/2 cuillère à café de sel

1 cuillère à soupe de gingembre frais broyé

6 clous de girofle moulus

1/2 cuillère à café de cannelle chinoise moulue

1 cuillère à café de poivre noir moulu

1/2 cuillère à café de piment de Cayenne

1/2 cuillère à café de graines de cardamome verte

1 cuillère à café de graines de moutarde torréfiées

150 mL d’eau

1 cuillère à soupe d’huile

Mettre tout à cuire dans une casserole à fond épais sauf l’huile et les graines de moutarde, et laisser cuire 2 h à feu doux en couvrant partiellement. Mélanger souvent.

Ajouter de l’eau quand le mélange devient trop épais.

15 minutes avant la fin de la cuisson ajouter les graines de moutarde.

Mettre dans un bocal, laisser refroidir et conserver au réfrigérateur (6 mois, si vous y arrivez)

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Nous, ce qu’on a préféré c’est ouvrir les gousses de cardamome pour en retirer les graines. Heureusement ce jour là, il faisait beau et chaud (contrepétrie belge), donc cela nous a permis d’en profiter… jusqu’au coucher du soleil !

c'est vraiment super sympa
c’est vraiment super sympa
pas une crotte de souris
pas une crotte de souris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8 h plus tard

Pour de vrai (comme disent les enfants), faire griller des graines de moutarde et moudre des clous de girofle, ont été deux découvertes déterminantes, et délicieuses !

comme ça, on dirait pas mais ça sent divinement bon
comme ça, on dirait pas mais ça sent divinement bon

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