Aujourd’hui, on cuisine du brocoli.

fleurettes de brocoli plus vendables car un peu trop mûres
Fleurettes de brocoli plus vendables car un peu trop mûres (mais plus belles que la plupart de celles trouvées en magasin)

Tout de suite, je me suis dit, allez, je vais faire un article la-dessus. Comme, ça je pourrais enfin rendre hommage à Guillaume Long et son blog a boire et à manger en mettant un lien vers l’article mythique du Brocolounge®.

[Tiens je le fais d’ailleurs, parce que vraiment si vous ne connaissez pas, il est temps de réparer cette grave erreur (pardon pour ceux qui vont s’y perdre et remonter toutes les archives)].

On va rigoler un peu, et puis je mettrai des recettes de brocoli qui changent de la purée pour bébé.

Bon, même si aujourd’hui c’est bien de la purée pour bébé que nous faisons, mais passons.

Passons, car en fait, pendant que je réfléchissais à ça en lavant soigneusement toutes les fleurettes (ou sommités si on se la pète) des brocolis, j’ai commencé à sentir l’odeur du brocoli qui cuisait (oui,il y en a un paquet, du coup on cuit en deux fois). Et là, ça m’a fait comme une madeleine de Proust et je me suis sentie toute chose. Nostalgique, sentimentale.

Bon, j’ai bien conscience d’être une extra-terrestre pour être transportée par l’odeur du brocoli, mais il faut dire qu’on en a vécu des choses ensemble !

J’avoue tout, j’ai eu une grande histoire avec le brocoli.

Dans mon ancienne vie, mon boulot, c’était de faire la promotion des choux bretons (je sais je vous fait rêver). Le chou-fleur, bien sûr, fleuron de la production légumière (!), et aliment de base dans tous les foyers outre Rhin (ne les jugez pas non plus), mais aussi le chou vert, le chou romanesco et le brocoli donc.

Le brocoli, il n’y en avait pas beaucoup, mais il fallait se battre pour lui ! Dynamite boy qu’on l’appelait, il se mettait à pousser de façon explosive, d’un coup, jamais au bon moment (= quand il fait chaud au milieu de l’été , pas vraiment au moment idéal pour une purée). Il était le spécialiste pour s’attirer des ennuis, chenilles en tête, mais aussi mouches ou pourriture, ce qui compliquait toutes les étapes, de la plantation à la récolte. Bref, il m’a donné du fil à retordre ! Sans parler des courriers des consommateurs outrés de trouver une chenille dans leur brocoli (pourtant bon signe car pas assommée par les pesticides…) ou de la concurrence espagnole.

Et donc je l’aimais bien. Je lui trouvais des idées de recettes sympa, je lisais des articles scientifiques qui le mettait en avant ou qui cherchaient des idées pour en garder toutes les vitamines après cuisson. J’ai même fait de la télé (et croqué dans une tige crue en disant « on peut même le manger cru » (après j’ai vomi), c’est dire le sacrifice).

Bref, quand Sandrine nous a appelé pour nous dire qu’elle avait une montagne de brocoli tout de suite maintenant, elle n’a pas eu besoin de répéter.

On a compris. On a tout pris.

Les 100 kg.

Et hop une bonne purée de brocoli avec du riz pour les bébés !

les pieds sont cuits !
les pieds sont cuits !
Les restes des 100kg transformés, les lapins vont être contents
Les restes des 100kg transformés, les lapins sont contents

Et le plus génial, c’est que pour faire une purée de brocoli, on met tout à cuire, même le pied (qu’on a cuit séparément parce que c’est plus long), donc presque du 0 gaspillage.

Alors, oui, nous sommes un peu bizarres mais nous sommes vraiment très très heureux.

Et comme en plus on est sympa, on vous met une bonne recette de brocoli avant que la saison ne soit terminée.

Petite note : le brocoli breton se récolte de fin juin à fin octobre, quand il fait assez chaud pour pousser. Contrairement au chou-fleur qui ne craint pas le froid et l’humidité maritime (doux euphémisme), il ne pousse pas en hiver. Si vous en voyez à cette saison, ne cherchez pas, ou plutôt cherchez au sud, c’est un espagnol. Je n’ai rien contre eux, mais 25°C en plein hiver c’est tout de même assez révoltant. (Ne me poussez pas où je vous parle de la grosse différence qui existe entre la notion bretonne de l’irrigation (=la pluie) et la leur)(et là je suis un peu moins de bonne humeur)(du coup j’arrête)(mais j’y reviendrai)

Donc, si vous voulez du brocoli breton, c’est maintenant en frais, ou dans nos purées le reste de l’année. (quel sens de la formule)

Et cette recette, elle arrive ?

Oui, ça va, ça vient.

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le cime di rapa

En fait, cette recette se fait normalement avec du cime di rapa, qui est un peu le meilleur légume du monde, une sorte de brocoli de luxe, qu’on ne trouve que dans les Pouilles en Italie (qui est a peu près la plus belle région du monde). Mais comme c’est même pas la peine d’en trouver en France (pleurs et désolation), on va faire avec le brocoli.

Et ça sera très bon !

Donc, voici la fabuleuse et méridionale recette des

Orrechiette alla barese

Pour 4 personnes :

1 brocoli

4 gousses d’ail

400g d’orrechiette

huile d’olive

sel, poivre

Dans un grand volume d’eau salée, mettez à cuire vos orrechiette, qui sont de petites pâtes en forme d’oreille.

(pas facile d’en trouver, mais faites un effort quand même, déjà que je renonce au cime di rapa, si vous mettez des coquillettes je vais peut être pleurer)(sérieusement, la forme des pâtes, c’est pas juste pour faire joli, ça change aussi leur goût, leur façon de cuire, d’absorber la sauce)(bref, faites un effort)(s’il vous plait)

Prenez votre brocoli, rincez le bien et enlevez toutes les chenilles, ou donnez les à manger aux enfants, puis découpez les fleurettes. Afficher l'image d'origine

Mettez-les à cuire (les fleurettes pas les chenilles, c’est meilleur cru car plus gras et moelleux) dans la même casserole d’eau bouillante avec les pâtes qui n’ont pas encore fini de cuire.

Pendant que tout ça cuit, coupez de l’ail en petits morceaux, et faire le revenir dans de l’huile d’olive dans une grande grande poêle.

Égouttez pâtes et brocoli. Jetez les dans la poêle (à feu doux)( pas les enfants, c’est meilleur cru car plus gras et moelleux surtout quand ils ont mangé des chenilles). Faire revenir  tout ça ensemble.

Hop, hop, hop, on assaisonne et on mange tout de suite, c’est trop bon !

Bon, dans la vraie recette, on fait revenir l’ail avec du pecorino râpé, voire des filets d’anchois, mais bon, à partir de 4 ingrédients, je perds pied.

Voilà !!

Maintenant que c’est fait, on va pouvoir aborder beaucoup plus sereinement la 2ème partie de la saison des courges. Car après concombres et courgettes, à nous les potimarrons !!!

Sinon ces dernières semaine nous avons:

  • Essais de chutney à la maison
    Essais de chutney à la maison

    fait des catalogues de présentation de nos produits pour démarcher les magasins

  • fait des photos et mis à jour le site internet qui commence à ressembler à quelque chose:  http://babelicot.fr/
  • estimé les franco de port pour aller livrer sur Vitré et en région parisienne, ben c’est pas simple 🙂
  • fait des essais concluants de chutney de tomates vertes, ce qui va permettre de valoriser des produits qui ne le sont pas autrement
  • prévu des vacances dans un endroit ou il n’y a rien à faire si ce n’est lire, dormir et marcher et redormir

    séance photo en plein empotage de brocoli
    séance photo en plein empotage de brocoli
  • expédié 250 houmous de betteraves aux quatre coins de la planète via l’entreprise Penn Ar box.
  • décidé de nous faire accompagner par une personne extérieure sur les aspects de développement pour nous sortir la tête du guidon.
  • fait une interview et séance photo pour le prochain Sillages où un article sera consacré à la ferme.
  • admiré les « on ne sait même plus combien » levers de soleil de dingue du mois dernier

    C'est sans filtre et c'est à Brest !
    C’est sans filtre et c’est à Brest !

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