Et bien vous savez quoi, voici le 54ième article sur la betterave.

Jusqu’à peu, on était plutôt sur le vieux dicton: La betterave, tu l’aimes ou tu la quittes.

Oui, ce charmant jeune homme tient bien un couteau, ça devait arriver, si elles en avaient étudié la biologie, ces petits sourires complaisants disparaîtraient bien vite…

Vous pensiez que les précédentes expériences auraient eu raison de nous (rappelez-vous des 3 jours d’épluchage = traumatisme = dépression = recherche de stagiaire en fin d’études de psychatrie pour nous premettre de continuer à travailler sereinement dans un environnement truffé d’objets tranchants).

 

Que de moments passés à vous imaginer pleurer dans votre sommeil, votre pauvre corps, poussé à bout, réclamant inconsciemment de l’houmous.

Non, nous ne pouvions laisser faire ça. Alors nous avons opté une nouvelle formule.

 

La betterave, tu l’aimes mais tu la mates.

Quand je dis tu la mates il s’agit bien du verbe mater, synonyme de dresser, dominer, pas d’une tendance perverse légumophile, généralement plutôt répandue dans les forêt du centre Bretagne. Où de la Creuse.

Donc nous avons remis le pied à l’étrier (référence à la fameuse recette du cheval melba) mais avons employé les grands moyens : L’éplucheuse (trouvaille boncoinesque magnifique)

La grosse pelucheuse

Alors vraiment parfois la procrastination est absurde. Éplucheuse = Révolution, gros kiff, wahou c’est trop bien, t’y touche pas sinon je maudis ta famille sur huit générations.

On avait peur de perdre trop de matière, on en perd beaucoup moins qu’à l’épluchage manuel.

On ne savait pas si on allait vraiment gagner du temps, on passe de 10kg/ heure à 10kg en moins de 6 minutes trente (ah oui quand même)

Donc on a refait de l’houmous de betterave tout en poussant de petits cris de joie (tel le jeune goéland qui appelle sa mère partie au lointain chercher le doux ver ; sonorité qui ne parlera absolument pas aux lecteurs poitevins, pour vous, imaginez plutôt l’excitation du caniche abricot de la voisine le matin au saut du lit).

La betterave arrive de chez Sandrine et Eddie, des maraîchers, bergers, éleveurs de chiens énormes sur le plateau du gevaudan (de bergers) au Gaec du plateau, près de Pleyber Christ.

Figurez-vous que la nuit précédent la livraison, les vilains moutons se sont délectés du tas de betteraves, comme si une force extérieure les poussait à nous péter les …. bon sang de bon sang.

Bref, ils nous en on laissé quand même.

Donc nous voilà repartis pour une tournée d’houmous.

Les betteraves, belles, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, tout ce qui fait qu’on adore notre métier parce qu’on sent la diversité dans ce qu’on travaille.

Les pois chiches, gonflés à bloc.

Le tahin (purée de sésame = boooooon = paaaaaas booooon si t’en mets trop) bien en forme.

On cuit tout ça, tout va pour le mieux.

On dose nos 500 pots, tranquille, doigts dans le nez (ceci est une image, on ne peu pas, la plupart du temps on a des gants donc toute entrée naso-auriculaire est impossible essayez c’est vraiment trop désagréable)

On capsule, et bam rapide et efficace, on devient des balèzes du réglages de la capsuleuse.

On autoclave.

On lave tout, on lit les misérables (parce que l’autoclave, c’est long quand même) et on se dit que qu’on est bien là, à la fraîche…vous connaissez la suite.

ON arrêter la bête et voir ce qu’il en est.

ET BAM.

Houmous de betteraves, avant après stérilisation
Houmous de betteraves, avant après stérilisation

L’houmous de betteraves rouges est devenu un houmous de betterave rose layette (et c’est même pas pour les bébés).

Bon moi je suis complètement daltonien donc techniquement, ça me passe un peu par dessus. Mais là quand même !

Heureusement, on a de l’humour et on trouve ça super drôle. Très intéressant même, nos produit sont vivants et pas standardisés ! Tout ce qu’on voulait. Et puis on vous rassure, cette fournée et encore meilleure que la dernière.

 

 

A quoi cela est-il dû alors ?

AH !

La variété des betteraves, le temps de cuisson, le temps de mixage, le moment où on ajoute le citron…tellement de paramètres potentiels.

Mais alors les gens vont-ils quand même acheter ?

Bon alors déjà, la moitié de la planète n’a pas encore la référence de l’houmous en tête hein, on est pas des fabricants de sucre pâte à tartiner qui rend les enfants tous joyeux de se goinfrer et de passer un moment tellement exceptionnel (avec la tartine préparée par môman pendant que pôpa travaille dur).

Et SURTOUT, on a choisi de vendre dans des endroits ou les gens sont capables d’expliquer comment sont faits leurs produits. Nous avons donc du faire certains choix. Pas de vente en grande distribution par exemple, malgré leur sollicitation.

Donc pour retrouver nos produits, ce sont les magasins bios, les magasins de producteurs, les amap, les épicerie fines et moins fines, et bientôt nous l’espérons, une organisation pour développer les achats groupés en vente directe (on peufine le système et on vous publie ça ans un prochain article).

A part ça, on a fait quoi pendant tout ce temps :

– investi dans une imprimante à étiquettes ce qui nous permet d’imprimer des petites séries

– reçu les premiers goodies des contreparties, on va pouvoir vous envoyer tout ça

– fait de la ratatouille, du pesto vegan, du confit d’oignons et de céleri branche, de la rillette de champignons, du gaspacho qui décoiffe, du gaspacho qui décoiffe moins pour les palais sensibles, du coulis de tomates, de la moutarde aux algues avec Algo’manne…

– expédié nos premiers colis par transporteur (avec la petite larmichette lorsque la porte s’est refermée derrière eux, les laissant seuls dans le noir de cette remorque désincarnée)

– accueilli quelques personnes pour du partage d’expérience

– acheté une nouvelle tenue de travail avec plein de boutons pression qui font chef de restaurant pour se la raconter.

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